Revue de presse

ETUDE DU DR. SCHOLER, DE L UNIVERSITE DE BALE (SUISSE) PARUE DANS LE MAGAZINE « PRAXIS ARENA » EN MARS 2005

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Nouveau test rapide de dépistage de drogue Sécurité confirmée en comparaison des méthodes de référence

Une étude comparative de l’université de Bâle s’est posé la question de savoir si la qualité du nouveau test rapide de dépistage de drogue bioFast®addiTest supportait la comparaison avec les méthodes de référence accréditées. Le résultat : la sûreté du test est élevée, car de très bonnes coïncidences du test rapide se sont révélées avec les méthodes de référence, à une exception près. Toutefois, cette dernière constitue aussi un point faible sur d’autres tests rapides.

L’étude a été initialisée par le fabricant du bioFast addiTest, la Protzek Gesellschaft für biomedizinische Technik mbH. Dans le bioFast®addiTest, examiné ici sous la forme du test à multi-immersion, il s’agit comme pour les nombreux autres tests rapides sur le marché d’un test rapide de drogue à base de méthodes immunochromatographiques. La mesure délivre un résultat qualitatif qui doit être interprété d’après la directive US-américaine SAMSHA*. Les fabricants européens de ce genre de tests en  bandelettes, cassettes et plaques s’orientent eux aussi d’après cette directive, sachant toutefois que l’on tient compte aussi de plus en plus des recommandations européennes qui peuvent différer par tel ou tel détail d’un pays à l’autre.
L’objectif de tous les tests rapides réside dans une vérification rapide de l’urine pour présence de drogues ou de leurs métabolites. Dans le cas d’un résultat non plausible, ou si l’on soupçonne une falsification, ces tests doivent toutefois être confirmés par une méthode chromatographique quantitative. Un tel résultat non plausible peut reposer par exemple sur des réactivités croisées des anticorps avec des substances dont la structure est similaire. Une vérification chromatographique est nécessaire en outre pour toutes les déterminations d’agents toxicomanogènes à base de réactions immunochimique, c’est-à-dire de méthodes quantitatives instrumentales.

Les résultats

L’étude de l’université de Bâle a comparé le test rapide de drogue bioFast®addiTest aux systèmes de test suivants :

  1. Syva® Rapid Test d.a.u.® 19
    (Sté DADE)

  2. Triage™ (Sté Biosite)

  3. CEDIA Drogenassay (Microgenics) sur un analyseur Hitachi 917 (Roche)

  4. Test FPIA (Sté Abbott) sur un analyseur AxSYM.

Les résultats incohérents ont été revérifiés par des méthodes chromatographiques (HPLC, LC/MS, Remedi BioRad).
Dans l’appréciation des résultats des tests et selon la substance recherchée, on a utilisé entre 91 et 101 échantillons d’urine. Ils provenaient de différents programmes de substitution de drogue et avaient déjà été examinés pour différentes substances toxicomanogènes (amphétamines, barbiturates, benzodiazépines, cannabinoïdes, métabolites de la cocaïne, LSD, méthadone, métabolites de la méthadone (EDDP), méthaqualone, opiacés, 6-acétylmorphine et antidépresseurs tricycliques).

Les résultats sont reproduits dans la récapitulation. En tout, le dépouillement des différents essais sur le champ de test a montré pour la détermination des métabolites de la cocaïne, du MDMA, des amphétamines, des opiacés et du THC carboxylique une très bonne coïncidence avec les tests accrédités ainsi qu’avec les analyses chromatographiques quantitatives de confirmation. En ce qui concerne la méthadone, il s’établit, certes, des divergences par rapport aux autres tests rapides, mais il s’est avéré après le contrôle chromatographique que c’était le bioFast®addiTest qui avait donné ici les résultats corrects. Si l’hypothèse se confirme que le test à la méthadone, au contraire des autres essais à la méthadone disponibles sur le marché, appréhende aussi les métabolites (EDDP), ceci serait un avantage supplémentaire pour le contrôle de compliance dans le traitement de substitution, car un test spécifique des EDDP deviendrait superflu.

Champ de test

 

 

Métabolites de la cocaïne

91

1x divergence explicable
1x lecture incertaine

Amphétamines

101

100 coïncidences
(1x trop peu positif, voir MDMA )

MDMA

101

1x divergence explicable (HMA)

Méthamphétamine

101

2x divergences explicables (MPEA, HMA)

Méthadone

91

7 divergences :
dont 5x positives correctes par bioFast (toutes les 5 avec EDDP d’après la chromatographie ; méthadone <300 ng/ml),
2x négatives correctes par bioFast (négatives à la chromatographie)

Benzodiazépines

91

6 divergences :
dont 2x négatives erronées par bioFast (chromatographie de métabolites du midazolam positive),
2x positives erronées par influences perturbatrices
1x négative erronée
1x indéterminable (trop peu de matériau pour la vérification)

Opiacés

91

Coïncidence à 100 %

THC-C

91

1 divergence (inexplicable)

Récapitulation : résultats de l’évaluation du test biofast par multi-immersion
HMA =         4-hydroxyméthamphétamine
MDA =         3,4 méthylènedioxyamphétamine
MDEA =       3,4 méthylènedioxyéthylamphétamine
MDMA =      3,4 méthylènedioxyméthamphétamine
EDDP =       2-éthylidène-1,5-diméthyl-3,3-diphénylpyrrolidine

La plupart des résultats divergents au sens d’une assertion faussement négative ou faussement positive sont apparus parmi les benzodiazépines. Toutefois, cela ne diminue pas le pouvoir affirmatif de l’essai, car ces divergences sont possibles avec tous les tests rapides. Elles reposent sur des influences perturbatrices et sur la différence des réactivités croisées des anticorps des différents fabricants.

En comparaison des Syva® Rapid et Triage™B, le maniement du test rapide a été estimé comme très simple. En comparaison du Triage™B, également comme plus rapide. La fenêtre de temps de lecture du bioFast®addiTest est comprise entre 3 et 10 minutes.

Le test

Le bioFast®addiTest vérifié en comparaison des méthodes de référence est un test immuno-chromatographique homogène compétitif, qui est disponible sous forme de tests à cassettes, à bandelettes, multiplaques et par immersion, sachant que c’est ce dernier qui a été étudié ici. Les drogues ou leurs métabolites présents dans les échantillons d’urine entrent en concurrence avec une drogue fixée sur les bandelettes de test pour occuper les emplacements de liaison spécifiques sur l’anticorps marqué par coloration. Les anticorps sont mobilisés par le liquide (urine) et peuvent se fixer en leurs emplacements de liaison quand il n’y a pas d’anticorps concurrentiels en provenance de l’urine qui les supplantent sur ces emplacements de liaison. Un trait de couleur à l’extrémité supérieure indique que le liquide a correctement traversé la membrane. Cette marque de test doit toujours être visible positivement, sinon le test n’a pas été exécuté correctement. Si une autre marque de couleur apparaît, cela montre que la drogue à détecter dans l’urine est en dessous de la limite de détection. Les anticorps marqués par coloration peuvent alors se fixer aux récepteurs car ils n’en sont pas déplacés par des anticorps de drogue dans l’urine. Si la deuxième marque de couleur reste absente, ceci est une détection positive de la drogue concernée dans l’urine.
Le gobelet à urine nécessaire au test à immersion est joint au kit de test et comprend des bandelettes thermométriques comme indice que c’est bien de l’urine fraîche (à la température du corps) qui a été livrée. Cela diminue le risque de falsification. Le test, qui s’est avéré fiable dans l’étude, est facturable au tarif TARMED. Les paramètres à contrôler (plage des drogues à détecter) sont variables à volonté. Comme prestations de service, la société propose entre autres de contrôler des constats de test équivoques pour en augmenter encore la fiabilité en cas d’incertitudes éventuelles.

Dr André Scholer,
Chef du laboratoire de chimie de l’université de Bâle

* SAMSHA: Substance Abuse and Mental Health Services Administration, précédemment NIDA

 

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